Près de 180 ans de liqueur avec la Distillerie Denoix

Le patrimoine de la distillerie denoix

Il y a deux façons d’expliquer un événement. Soit c’est une coïncidence, soit c’est une circonstance. C’est une des premières questions que l’on se pose quand on découvre la Distillerie Denoix et sa gérante, Sylvie Denoix Vieillefosse. Son nom de jeune fille, Denoix, est en parfaite adéquation avec un produit phare que sa famille fabrique depuis presque deux siècles : le Suprême de Noix, par Denoix.

Une affaire de famille depuis 1839

Distillerie denoix

L’héritage Denoix qui peut être découvert par chacun des visiteurs de la distillerie.

La Distillerie Denoix, située en plein coeur de Brive (Corrèze, France) a été créée par Pierre Lacoste en 1839. Louis Denoix se joint alors à lui et tous deux démarrent cette aventure. Ce lieu incontournable du centre ville a alors commencé à forger son identité, en valorisant un véritable savoir-faire.

Quatre générations ont depuis poursuivi leur travail. Tout d’abord en continuant ce Suprême mais aussi en développant de nouveaux produits. Nous pouvons citer le Quinquinoix, un apéritif de noix, la liqueur de Roc-Amadour, à base de baies de genévriers, de graines, d’herbes et de plantes ou encore la liqueur de cacao, produite à base de macération de fèves de cacao et sans aucun arôme ajouté. Dans un tout autre registre, le grand père de Sylvie Denoix Vieillefosse a introduit la Moutarde Violette de Brive, spécialité de la région et maintenant de la distillerie.

Sylvie Denoix Vieillefosse a rejoint la distillerie à 25 ans. Son mari qui y travaillait déjà lui a tout appris, nous avoue-t-elle. Sa plus grande fierté est d’avoir réussi à préserver ce savoir-faire. Et continuer à le préserver est son combat.

Un processus de création inchangé

Distillerie artisanale

Au coeur de la distillerie artisanale, Denoix, dans la salle de fabrication des liqueurs

Le Suprême de Noix, autrefois utilisé comme remède contre les troubles digestifs et le choléra ainsi que les autres liqueurs sont tous créés à base d’Armagnac et de Cognac. Le processus de fabrication et la recette sont inchangés depuis le XIXème siècle.

Tout commence par la noix. D’origines limousines et récoltées à la Saint Jean (le 24 juin), elles sont broyées puis pressées encore vertes. Le jus récolté est mis en macération dans des fûts de chênes du Limousin. Cette macération durera 5 ans, avant de pouvoir être utilisée dans la distillation de cette liqueur.

L’alambic et les chaudrons en cuivre sont d’époque et toujours utilisés de façon traditionnelle : ils sont chauffés au charbon, les joints de l’alambic sont réalisés avec un mélange de farine et d’eau. Même le sirop de sucre est cuit au feu de bois. La maître distilleuse fait tout à la main, à l’oeil et au nez.

Cette technique de distillation nécessite un savoir-faire incroyable, que seule Sylvie Denoix Vieillefosse et son mari connaissent aujourd’hui. Nos liqueurs sont fabriquées de la même façon qu’il y a presque cent quatre-vingts ans. Nous sommes probablement les derniers maîtres distillateurs à faire ça !, nous confie-t-elle. Les liqueurs sont ensuite bonifiées dans des cuves en cuivre.

Le Suprême de Noix est une liqueur très surprenante. D’un très bon équilibre, on peut découvrir des arômes complètement différents à toutes les étapes de la dégustation : un nez intense, avec des arômes de noix caramélisées, une bouche surprenante où l’on peut sentir des notes boisées, de chocolat et de pralin. La note finale est persistante et le goût de noix perdure.

Alambique distillerie artisanale

La famille utilise le même Alambique depuis 178 ans.

Un challenge maîtrisé avec perfection

Le challenge de préservation de cette distillerie, mené par Sylvie Denoix Vieillefosse et son mari, est parfaitement maîtrisé. La distillerie Denoix est d’ailleurs classée “Entreprise du Patrimoine Vivant” (EPV) depuis 2007. Ce label est une marque de reconnaissance de l’Etat français pour distinguer les entreprises aux savoir-faire artisanaux et industriels d’excellence. La fabrication artisanale a été rigoureusement préservée et tout fonctionne comme au XIXème siècle. La visite des chais et de la salle de distillation se présente d’ailleurs comme un musée, témoin de cet héritage.

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